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Fighter Fuel en dégustation, huit recettes notées temps par temps

Dégusté par Gaspard Lenoir · · 8 min à lire

Fighter Fuel en dégustation, huit recettes notées temps par temps
Cliché : Ksenia Pixelesse / Unsplash

Sur une étagère de boutique, la gamme Fighter Fuel aligne des dizaines de noms qui ne disent rien du contenu du flacon. Les fiches listent des fruits, toujours accompagnés du même mot, frais, et s’arrêtent là. Rien n’indique quel fruit ouvre la bouffée, lequel occupe le cœur, ni ce qui distingue deux recettes presque homonymes. Pour choisir autrement qu’à la couleur de l’étiquette, il faut une lecture commune, appliquée recette par recette, et des notes que l’on peut comparer entre elles.

Ce que Fighter Fuel donne à goûter, recette par recette

Chaque recette Fighter Fuel associe deux à quatre fruits à un effet frais, annoncé sur toutes les fiches consultées. La gamme, fabriquée en France par Maison Fuel, se lit donc toujours de la même façon sur la grille du carnet. Les fruits se partagent l’attaque et le cœur, la fraîcheur tient la finale.

Ce qui change d’une recette à l’autre, c’est le fruit qui ouvre et la matière du cœur. Le tableau ci-dessous range huit recettes d’après les ingrédients que décrivent de façon concordante au moins deux revendeurs.

RecetteFruits annoncésAttaque attendueCœur attenduPalais visé
ShigeriGrenade, fraise des bois, kiwiKiwi et fraise des boisGrenadeAcidulé vert
Dark ShigeriCassis, grenade, fraise des boisCassisGrenade et fraiseFruits sombres
Lady ShigeriFraise, pastèque, grenadeFraisePastèque et grenadeFruits d’été
Bloody ShigeriFruit du dragon, grenade, fraise des boisFraise des boisFruit du dragon et grenadeExotique discret
KansetsuAbricot, nectarineAbricotNectarineFruits à noyau
KoburaFruit du serpent, mûre, myrtille, cassisBaies noiresFruit du serpentBaies et exotique
MawashiFraise, fruit du dragonFraiseFruit du dragonFraise simple
ToshimuraPoire, melon, grenadePoireMelon et grenadeVerger et melon

Toutes ces recettes finissent sur la fraîcheur annoncée. C’est donc l’attaque et le cœur qui départagent, et c’est là que la grille concentre son attention.

La famille Shigeri, une base et quatre variations

Dans le catalogue Fighter Fuel, quatre recettes portent le nom Shigeri, et ce n’est pas un hasard. Toutes associent la grenade et la fraise, puis changent un seul ingrédient. Les goûter côte à côte revient à isoler l’effet de ce fruit sur une base commune, ce qui en fait le meilleur exercice de dégustation de la gamme.

Shigeri, la référence

Grenade, fraise des bois et kiwi composent la recette d’origine. Le kiwi devrait donner l’attaque la plus verte et la plus acidulée de la famille, la fraise des bois l’accompagnant d’une note plus parfumée.

Au cœur, la grenade devrait apporter une note plus sèche que la fraise. La finale revient à l’effet frais. Shigeri sert d’étalon, c’est la recette à goûter en premier pour mesurer les trois autres.

Dark Shigeri, le cassis

Le kiwi disparaît au profit du cassis. L’attaque devrait donc s’assombrir, avec un fruit plus profond et moins vif que le kiwi.

La grenade et la fraise des bois restent au cœur. Si la recette se confond avec Shigeri à l’aveugle, c’est que le cassis ne ressort pas, et l’écart mérite d’être noté sur le curseur de fidélité.

Lady Shigeri, la pastèque

La pastèque remplace le fruit acidulé. Attendez une attaque portée par la fraise, puis un cœur plus juteux, où la pastèque arrondit la grenade.

Ce devrait être la plus douce des quatre variations. Un palais qui trouve Shigeri trop vif la testera en priorité.

Bloody Shigeri, le fruit du dragon

Le fruit du dragon, aussi appelé pitaya, prend la place du kiwi. Son goût discret laisse davantage de place à la fraise des bois à l’attaque et à la grenade au cœur.

Bloody Shigeri se juge donc surtout sur l’équilibre. Si la recette paraît plus plate que Shigeri, ce n’est pas forcément un défaut, puisque le fruit ajouté est justement peu expressif.

Quatre recettes Fighter Fuel hors de la famille Shigeri

La gamme ne se limite pas à la grenade. Les quatre recettes suivantes changent de registre, du fruit à noyau au fruit exotique, et se goûtent comme des profils autonomes plutôt que comme des variations.

Kansetsu, abricot et nectarine

Deux fruits à noyau, sans fruit rouge ni grenade. L’abricot devrait ouvrir la bouffée avec une douceur veloutée, la nectarine prenant le cœur avec un peu plus de jus.

Sur le papier, c’est la recette la plus ronde des huit. Elle convient au palais qui cherche un fruité frais sans acidité marquée.

Kobura, les baies noires et le fruit du serpent

Mûre, myrtille et cassis ouvrent sur des baies sombres. Le fruit du serpent, ou salak, fruit d’Asie du Sud-Est peu connu en Europe, occupe le cœur et donne à la recette sa singularité.

Kobura est la fiche la plus difficile à juger sur la fidélité, faute de repère familier pour le salak. Mieux vaut noter ce que l’on perçoit que chercher à reconnaître un goût jamais rencontré.

Mawashi, fraise et fruit du dragon

Deux fruits seulement, la fraise en attaque et le fruit du dragon au cœur. C’est, avec Kansetsu, la construction la plus simple de la sélection.

Sa simplicité en fait un bon point de départ pour calibrer la grille. Un curseur d’attaque élevé et un cœur léger constituent le profil attendu.

Toshimura, poire, melon et grenade

La poire ouvre, le melon et la grenade se partagent le cœur. La recette mêle un fruit de verger, un fruit d’été et la grenade que l’on retrouve dans la famille Shigeri.

Toshimura se situe entre Kansetsu et Lady Shigeri. Attendue plus juteuse que la première et moins centrée sur la fraise que la seconde, elle vise le palais qui aime les fruits clairs.

Où placer la fraîcheur sur la grille

Toutes les fiches consultées qualifient ces recettes de fraîches, mais aucune ne gradue cette fraîcheur. Faute de niveau publié, c’est au dégustateur d’en fixer un.

La grille du carnet la note en finale, sur le curseur de longueur. Une fraîcheur qui se prolonge longtemps après l’expiration donne une finale longue, une fraîcheur qui disparaît avec la vapeur une finale courte.

Distinguer fraîcheur et acidité reste l’exercice le plus délicat. L’acidité du kiwi ou du cassis se perçoit sur la langue dès l’attaque, le froid surtout en fin de bouffée. Les noter séparément évite de juger Shigeri plus frais qu’il ne l’est.

Déguster la gamme sans fausser la comparaison

Comparer des recettes Fighter Fuel demande quelques précautions, faute de quoi la dernière goûtée paraît toujours la plus fade. La première règle est d’utiliser le même format et le même taux de nicotine pour toutes les recettes comparées.

Commencez par les recettes à deux fruits, Mawashi et Kansetsu, avant de passer aux assemblages plus chargés. Deux recettes par séance au plus, avec un verre d’eau entre les deux, laissent au palais le temps de revenir à zéro.

Une résistance récente reste indispensable pour que les finales soient comparables d’une recette à l’autre. Pour la famille Shigeri, goûtez toujours Shigeri en premier, puis une seule variation juste après lui, et gardez les deux autres pour d’autres séances. La méthode est la même que pour comparer Heisenberg et Pinkman chez Vampire Vape, deux recettes voisines qui ne se séparent qu’en finale.

FAQ

Cinq questions pratiques reviennent sur cette gamme, en dehors de la dégustation.

Fighter Fuel est-il fabriqué en France ?

Oui. Les revendeurs consultés présentent la gamme comme fabriquée en France par Maison Fuel, qui produit aussi d’autres collections sous son propre nom.

Existe-t-il des recettes aux sels de nicotine ?

Oui. Certaines recettes existent en flacon de 10 ml aux sels de nicotine sous le nom Fighter X, par exemple Shigeri. Ce format nicotiné respecte le plafond européen de 10 ml par flacon.

La gamme existe-t-elle en arôme concentré ?

Oui, en flacons de 30 ml pour plusieurs recettes, dont Lady Shigeri et Dark Shigeri. Les dosages affichés varient d’une recette et d’un revendeur à l’autre, d’où l’intérêt de suivre celui indiqué sur la fiche du produit.

Quelle différence entre le 50 ml et le 100 ml ?

Le 50 ml est vendu au ratio 40/60 PG/VG dans un flacon de 70 ml, le 100 ml au ratio 30/70 dans un flacon de 120 ml. Les deux sont vendus sans nicotine et laissent la place d’ajouter des boosters.

Quelle recette goûter en premier ?

Shigeri, parce que trois autres recettes reprennent sa base. Une fois sa grille remplie, chaque variation se juge par rapport à elle, ce qui rend la comparaison beaucoup plus lisible.

Fighter Fuel, une gamme qui se goûte par comparaison

Prise recette par recette, la gamme Fighter Fuel cesse d’être une liste de noms. Elle devient un ensemble de profils lisibles, qui partagent une finale fraîche et se distinguent par l’attaque et le cœur.

La famille Shigeri en offre la meilleure démonstration, avec une base commune et un fruit qui change. Les recettes Fighter Fuel autonomes, de Kansetsu à Kobura, complètent la carte pour d’autres palais. Une gamme aussi large se comprend mieux par comparaison que par dégustation isolée, et cette méthode vaut pour toute collection construite autour d’une même signature.

Autres dégustations

Carnet de dégustation rédigé pour un lectorat majeur. La plupart des produits du vapotage contiennent de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Ces notes décrivent des recettes et ne valent pas recommandation d’achat.